lundi 20 mai 2013

Une hirondelle ! Non, un martinet plutôt ! Non, en fait c'est bien une hirondelle. Il me semble.


Les éditions de l'Abat-jour proposent en souscription le recueil de nouvelles de Serge Cazenave-Sarkis, "Hirondelle ou martinet ?".
On ne peut que saluer cette initiative, qui va nous permettre de découvrir cet auteur en tenant entre nos mains un VRAI livre. Oui, je reconnais, je préfère tenir un vrai livre entre mes mains plutôt que lire sur un écran, je sais c'est un peu vieux jeu mais on ne se refait pas c'est comme ça que voulez-vous ?

Photographie : trouvée sur le site Lexilogos, auteur inconnu.

samedi 13 avril 2013

La bibliothèque sonore de Martine


Il y a peu j'ai eu le très grand plaisir de découvrir un de mes textes lu avec beaucoup de talent par Sagine.
Elle a eu l'excellente idée de prêter sa voix à des textes très variés, poésie, prose, classiques, contemporains, célèbres, inconnus : des textes de toutes les couleurs.
Un régal.

dimanche 24 mars 2013

Poursuite


Mon nom est Joe Roberts. Je suis sergent dans la police de la route, du côté de Perrineville. J'ai toujours fait mon boulot honnêtement, le plus honnêtement que j'ai pu. J'ai un frère qui s'appelle Franky. Franky est un voyou.

Déjà quand on était jeunes, c'était toujours le même scénario : un appel radio, Franky fait des siennes en ville. N'importe qui d'autre, je l'aurais coffré, mais quand il s'agit de ton frère, des fois, tu fais comme si t'avais rien vu.

Moi et Franky, riant en buvant un verre : frères de sang, il n'y a rien de plus fort. On dansait chacun à son tour avec Maria. L'orchestre jouait "Night of the Johnstown Flood". Il sort du droit chemin, je le tire d’affaire. N'importe qui ferait ça pour son frère : un type qui tourne le dos à sa famille, ce type-là ne vaut rien.

En 1965, Franky s'est retrouvé à l'armée. J'ai eu un sursis pour faire tourner la ferme, je me suis posé, j'ai épousé Maria. Mais les prix des céréales ont tellement chuté qu'on s’est fait littéralement plumer. Franky est rentré en 68, et moi j'ai pris ce boulot.

Oui, on se marrait, on buvait. Frères de sang, rien de plus fort. On dansait chacun à son tour avec Maria. L'orchestre jouait "Night of the Johnstown Flood".
Il dérape, je le rattrape. Je lui apprends à marcher droit.
Un type qui tourne le dos à sa famille, ce type-là ne vaut rien.

Un soir comme les autres, j'ai un appel vers neuf heures moins le quart. Du grabuge dans un de ces troquets qui bordent la route du Michigan. Il y avait un jeune allongé par terre, dans un sale état, du sang plein la tête. Il y avait une fille qui pleurait à une table. Un coup de Franky, on me dit. Je suis sorti, j'ai sauté dans ma voiture. Pleins phares . J'ai dû frôler le 180 à travers le Michigan, cette nuit-là. Je l'ai rattrapé à un carrefour le long de la berge Willow. Il était au volant d'une Buick avec des plaques de l'Ohio. Je l'ai pourchassé jusqu'à un panneau qui annonçait la frontière canadienne à 10 kilomètres. Là, je me suis arrêté au bord de la route et j'ai attendu que ses feux arrière disparaissent.

Moi et Franky, on se marrait et on buvait. Frères de sang. On dansait chacun à son tour avec Maria. L'orchestre jouait "Night of the Johnstown Flood". Je le rattrape quand il trébuche, n'importe quel frangin ferait la même chose. Un type qui tourne le dos à sa famille, ce type-là ne vaut rien.

Bruce Springsteen - Highway patrolman (1982).
Traduction libre : Shaki Pelott.

Photographie : David Kennedy.

samedi 23 février 2013

L'âge mécanique : la tour de fer


Photographie : Shaki Pelott.
Série inspirée par l'univers des jeux Myst et Riven.

lundi 28 janvier 2013

Les Tuileries


Nous sommes deux drôles aux larges épaules, de joyeux bandits sachant rire et battre, mangeant comme quatre, buvant comme dix ! Quand, vidant les litres, nous cognons aux vitres de l’estaminet, le bourgeois difforme tremble en uniforme sous son gros bonnet.
Nous vivons, en somme : on est honnête homme. On n’est pas mouchard, on va le dimanche avec Lise ou Blanche dîner cher Richard.
Nous vivons sans gîte, goulûment et vite comme le moineau, haussant nos caprices jusqu’aux cantatrices de chez Bobino. 
La vie est diverse. Nous bravons l’averse qui mouille nos peaux; toujours en ribote, ayant peu de bottes et point de chapeaux.
Nous avons l’ivresse, l’amour, la jeunesse, l’éclair dans les yeux, des poings effroyables !

Nous sommes des diables !

Nous sommes des dieux !


Illustration : "Repas bachique" de Bartolemeo Passarotti.
Pour l’histoire de ce texte de Victor Hugo, dont j’ai longtemps cherché l’origine sans la trouver, et sa version intégrale, voir
  • l'article de Marie-France Sculfort.
  • Je me suis permis, timide audace, de changer légèrement la ponctuation et de passer à une présentation en prose parce qu’après tout la poésie autorise toutes les audaces.